samedi 27 janvier 2018

Luxembourg Elections 2018, la majorité "Gambie" de Xavier Bettel toujours en marche ?

Xavier Bettel, premier ministre du Luxembourg en marche vers les élections d'octobre. Droits réservés.

Entretien exclusif avec Didier Remer ; rédacteur en chef du site « Finance Offshore » par Emmanuel de Saint-Cyr.

Luxembourg le mercredi 24 Janvier 2018.



Cette année 2018 sera cruciale pour le Luxembourg, dès à présent jusqu’à courant Octobre le Duché va vivre au rythme des élections générales, l’état qui reste une fière monarchie constitutionnelle à système monocaméral va vivre une année intense sur le plan politique. Le bon peuple du Luxembourg va devoir faire le choix délicat de renouveler ou pas son parlement en octobre. L’actuel premier ministre Xavier Bettel sait déjà que la tâche sera rendue complexe par le jeu des alliances qui organisent le pays depuis plusieurs siècles. Bien que tous les indicateurs macro-économiques démontrent le respect de la feuille de route de la majorité « Gambie », le bilan de l’actuelle majorité est perçu comme contrasté par la population. Le gouvernement de Xavier Bettel trouve l’origine de son appellation « Gambie » dans les couleurs du drapeau de ce pays africain par ailleurs à des années lumières du P.I.B d’un Luxembourg plus que jamais engagé dans les réformes sociétales, s’étant par ailleurs assigné une nouvelle orientation pour son économie ainsi toujours plus diversifiée. 



Didier REMER, rédacteur en chef  de "Finance Offshore".
 Droits Réservés.


Emmanuel de Saint-Cyr : Didier Remer, votre connaissance du Luxembourg est assez intime, pensez-vous que l’actuel premier ministre Xavier Bettel sera en capacité de maintenir la configuration actuelle de l’échiquier politique luxembourgeois et donc par la même, une chance raisonnable de conserver la présidence du gouvernement luxembourgeois à l’issue des prochaines élections générales ?

Didier Remer : La question est directe, mais je vais vous répondre avec la même puissance, oui, Xavier Bettel peut se maintenir ! Si Xavier Bettel se donne les moyens de défendre le bilan de la majorité, il devrait pouvoir espérer conserver par le jeu d’alliances sincères une configuration capable de maintenir son action pour poursuivre un travail de réformes jugées efficientes, toutefois son poste de premier ministre ne suggère pas d’évidence comme pour tout gouvernement d’alliance. Pour être complet et juste, on voit bien que son principal opposant Claude Wiseler est aussi en assez bonne capacité avec son parti, le CSV ou chrétiens sociaux de l’ancienne majorité dirigée par Jean-Claude Juncker bouté en 2013 après le scandale des écoutes de son service de renseignement.  Claude Wiseler peut toujours tenir la bonne corde pour étrangler la configuration actuelle, mais de là à l’emporter, il lui faudrait relever un sacré défi. Toutefois il serait bien dommage aux tenants de la majorité « Gambie » de ne pas redoubler d’efforts pour mieux communiquer sur leur bilan qui n’a pas à faire rougir ! En 2018, le Luxembourg de la majorité conduite par Xavier Bettel démontre un ensemble intéressant qui se partage entre avancées sociétales et positionnement clair d’un état qui se veut moteur de l’inclusion européenne et d’une certaine idée de la relance économique en Europe…

Emmanuel de Saint-Cyr :  Si le bilan est aussi bon, pourquoi le pays ne démontre pas autant d’évidence sur les résultats du travail accompli par la majorité « Gambie », les indicateurs économiques sont au vert, les luxembourgeois ne sont-ils pas conscients que leur pays reste un des rares à pouvoir satisfaire le respect des accords de l’Union européenne, pas moins ceux du board international. Quels sont d’après-vous les ratés de ce gouvernement Bettel ?

Didier Remer : En fait il n’y a pas matière à spéculer sur une terminologie excessive de ratés au pluriel, ce gouvernement « Gambie » est parvenu à inverser des problématiques récurrentes pour le pays, en premier lieu, le logement qui tiendra bonne place dans les débats. Sur ce point cornélien, il faut comprendre que le Luxembourg n’avait pas vraiment anticipé par l’effet de la loi l’évolution de la demande comme actuellement démontrée, pour être précis, à l’instar de ses grands voisins, le pays n’avait pas au départ une politique de remembrement efficace. Finalement cette absence devait se traduire par une politique pro-spéculative horizontale, rendant rapidement le prix et donc coût du foncier à des sommets assez artificiels qui avec le temps, se sont collés avec l’évolution soutenue de l’économie. Dans le cas de l’actuelle majorité, des réformes courageuses importantes sont toujours en cours, et il est tout aussi vrai de penser que le décalage entre premiers bons effets et visibilité concrète sur le terrain ne peuvent encore se traduire dans l’opinion publique qui est en droit d’être toujours impatiente ! Mais l’ancienne majorité, pourtant très longtemps au pouvoir, n’a pas été en capacité de régler et donc accompagner et anticiper efficacement cette problématique. Sur l’économie, le Luxembourg s’est lancé dans une réflexion introspective, ce gouvernement avait d’ailleurs commandé une étude à l’économiste Jeremy Rifkin afin de voir comment anticiper le rôle que pouvait devoir tenir ce pays dans l’avenir. Comprendre ici comment celui-ci doit s’armer dès à présent pour que son positionnement soit maintenu à l’échelle internationale et pas moins locale comme avec la Grande Région (France, Belgique, Allemagne, Luxembourg : ndlr). Bien sûr, le travail de l’économiste émérite a listé les urgences pour que ce pays soit en capacité de gérer les problématiques telles que la durabilité et donc y suggérant assez justement un modèle circulaire pour accompagner tout risque systémique dans le futur. Ce rapport a fait l’objet de consultations assez larges des différents acteurs concernés et même, c’est particulièrement notable ici au Luxembourg, davantage avec la population, toutefois, on entend bien quelques critiques acerbes pour dire que celui-ci est trop souvent mis en tête de gondole de l’action programmatique de la majorité dirigée par Xavier Bettel…

Emmanuel de Saint-Cyr : Est-ce à dire que les ministres de la majorité « Gambie » ont un réel problème et déficit de communication ?

Didier Remer : Ce n’est pas à moi de porter tel jugement, individuellement, quand un ministre luxembourgeois vous commente l’action et donc le bilan de son gouvernement, il sait se faire précis. Le problème, il faut que l’habitant paysan du Nord du pays ou l’ouvrier du Sud dispose de la même qualité d’information afin de bien appréhender la logique et donc l’ensemble de la stratégie gouvernementale en place. Visiblement, les élections communales devaient démontrer en partie le contraire, la majorité actuelle s’étant retrouvée parfois en relative difficulté comme dans la deuxième ville au Sud du pays. (Esch sur Alzette : Ndlr.)  L’opposition s’est parfois lancée dans une communication jouant de nostalgie et mémoire pour le moins étrangement assez sélective, il faut comprendre que le CSV est un parti intimement lié à l’histoire de ce pays, la modernisation du parti chrétien social entreprise à l’issue du fiasco de 2013 porte aussi ses fruits, ne pas le reconnaître serait clairement malhonnête de ma part, des progrès sont notables et méritent de trouver une réelle qualification dans l’opinion publique. Notons qu’en nombre total de voix, le corpus électoral était encore fidèle au CSV en 2013, c’est bien les alliances qui l’étaient moins. Direct et sincère, Claude Wiseler incarne plutôt bien ce changement, toutefois il faudra s’intéresser dans le détail à qui pourrait gouverner avec lui, je pense déjà bien sûr à sa propre famille politique et ce toujours possible retour en arrière avec certains quidams et ce même si l’intéressé bataille fort en coulisse et depuis les premières heures de la crise de 2013… 



Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne,
Claude Wiseler, leader du CSV (Chrétiens sociaux Luxembourgeois).
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Emmanuel de Saint-Cyr : Justement, sur Claude Wiseler, on le dit sociable, assez direct dans ses rapports, moderne pour faire court. Mais il est toujours susceptible de besoin d’ouverture pour composer une nouvelle majorité, qui pourrait selon vous, faire alliance pour former un ticket gagnant ?

Didier Remer : C’est l’arithmétique pure qui le décidera, le jeu des alliances est assez ouvert, quand je vous parlais d’alliances sincères pour que Xavier Bettel puisse raisonnablement capitaliser sur ce que je considère comme un bon bilan, j’escompte que les alliés de sa majorité actuelle jouent si je puis dire, un jeu sincère dans la campagne qui s’annonce bien entamée ! Si la majorité « Gambie » démontre son unité en s’appuyant sur son bilan, je ne vois pas de raisons objectives pour que tous les luxembourgeois ne s’y retrouvent pas ou plus en l’espèce. Ce gouvernement doit déjà capitaliser sur ce qui peut l’être, les échecs relatifs des élections communales sont la résultante d’un problème de travail de terrain incomplet et j’insiste de communication parfois inefficace au sens pur des Sciences politiques en action. Evidemment, tous les ministres vont au charbon aujourd’hui, mais ce ne fût pas toujours le cas. Il y a des distances qui se creusent inexorablement avec le temps… 



Xavier Bettel, premier ministre du Luxembourg
et Emmanuel Macron président de la République française.
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Emmanuel de Saint-Cyr : Justement, bon communiquant, Xavier Bettel s’est rapidement raccroché au président français Emmanuel Macron notamment lors de sa visite au Luxembourg, à l’instar du premier ministre Belge Charles Michel, on peut donc considérer que sa volonté pour booster l’Union européenne est toujours d’actualité pour les élections de 2018?

Didier Remer : Elle l’est pour en être sincère, tant sur l’amitié réciproque entre les trois hommes au-delà du fait générationnel, par moins pour ce désir affiché de booster l’inclusion européenne et redynamiser son économie. Bien sûr il faudra au premier ministre luxembourgeois donner à la France quelques garanties supplétives tous comme à nos amis belges et ne pas systématiquement jouer la montre comme pour l’évolution sur la question sensible de l’imposition des Gafa et autres problématiques comme liées à la taxation au plus juste des multinationales et ce en fonction du territoire du client final. Sur le plan spécifiquement luxembourgeois, il est assez normal que son premier ministre puisse à défendre un certain calendrier pour accompagner tout un pan de l’évolution de son économie en mutation, toutefois le pays est conforme aux plus récentes recommandations de l’OCDE, et bien sûr de l’Union européenne même si pointent quelques pressions qui se renforceront rapidement. Il faut connaître et pratiquer ce pays pour comprendre que son attachement à la construction européenne est une réalité qui se conjugue au quotidien, tout en exigeant une forme logique de réciprocité, contrairement à l’idée répandue au-delà de ses frontières, sa population le démontre avec une recherche permanente d’équité et ce à tous les niveaux, le luxembourgeois est tout à fait disposé à certains renoncements pour être tout à fait conscient que son pays doit conserver un maximum de chances avec l’évolution de notre monde. Il n’est pas moins sensible à l’idée que son pays a d’autres atouts que le dumping fiscal et que sa place financière aux dimensions supranationales ne résument pas tout un pays, son économie, ses nombreuses autres réalités et donc qualités. A titre d’exemple, je pense aux questions humanitaires, ce petit état s’est fait grand dans sa mission d’accueil des réfugiés de guerre liés à la crise Irako-Syrienne, il faut dire que le ministre des affaires étrangères luxembourgeois est un homme de convictions ; respecté et respectable à bien des égards ! Jean Asselborn s’est montré efficace notamment lors de la présidence luxembourgeoise de l’Union européenne et plus tard avec la gestion du drame des migrants. C’est une pointure qui renforce aussi ce bilan de l’actuelle majorité, un homme politique humaniste qui fait corps avec l’actuelle majorité de Xavier Bettel pour assurer un rayonnement international différent pour un Luxembourg souvent trop longtemps enferré dans les scandales planétaires tels que Luxleaks et consorts. Sur les accords bilatéraux, l’économie du pays a besoin d’une main d’œuvre frontalière logiquement très présente, le gouvernement actuel s’adapte au mieux à cette réalité, la majorité donne de sérieux gages comme avec l’exemple des investissements concédés pour la mobilité, sur ce point, c’est d’ailleurs à ses ‘’grands’’ voisins d’accompagner pour partie le prolongement de ses nombreux efforts. Le président de la République française Emmanuel Macron devrait pouvoir faire avancer dans un avenir proche certains dossiers comme celui de l’A31, (l’autoroute entre Nancy, Metz, Thionville et Luxembourg : ndlr), toujours plus proche de la saturation.

Emmanuel de Saint-Cyr : Que pensez vous de l’initiative du Vice-premier ministre Etienne Schneider pour utiliser les ressorts de la stratégie gagnante du mouvement du président de la République française Emmanuel Macron avec la création d’un mouvement « En marche » pour les élections au Luxembourg ?

Didier Remer : D’abord c’est une interprétation journalistique conservatrice bien locale au Luxembourg, Etienne Schneider propose avant tout de tenir compte des évolutions du paysage politique luxembourgeois. Il n’est pas fondamentalement question de créer un mouvement « En Marche » en lieu et place du parti socialiste luxembourgeois, il faut y voir une hypothèse de travail pour moderniser les forces en présence, ce que dit assez justement Etienne Schneider. C’est donc une stratégie qui se doit perçue comme une invitation à coaliser l’ensemble des forces de la majorité « Gambie » en tenant compte des spécificités historiques propre au pays et donc à chacun, le constat est simple, pour maintenir une action d’ensemble constructive et donc plus efficace dans l’opinion publique, il faut fédérer ce qui pourra l’être encore au sortir des élections d’Octobre. Son propos est d’ailleurs précis, il souhaite tenir compte des rapports de force qui pourraient résulter des futures échéances électorales d’Octobre, ainsi escomptant fédérer au mieux pour une action toujours plus concertée. Mais soyons précis, il n’y a pas l’once d’un renoncement sur le socle des valeurs du parti socialiste luxembourgeois, il faut y voir une modernisation de l’échiquier, ce que le CSV (chrétiens sociaux) a déjà bien entrepris avec Claude Wiseler comme leader des conservateurs. Justement, Etienne Schneider propose de fédérer toutes ces forces progressistes du pays qui intègrent un respect profond pour les valeurs sociales dont sociétales et donc logiquement progressistes du pays, Etienne Schneider est souvent enfermé par la presse conservatrice du pays par ailleurs très en lien avec le CSV, dont un ancien ministre des finances dirige le conseil d’administration du principal groupe de presse de ce pays… 



Etienne Schneider, vice premier ministre, ministre de l'économie
et Larry Page co-fondateur de Google. Droits réservés.


Emmanuel de Saint-Cyr : Sur la partie économie, le Luxembourg a misé sur des secteurs stratégiques qui peinent à convaincre toute la population, on pensera par exemple à l’exploration minière spatiale et donc l’initiative « SpaceMining ». Est également attendue l’installation d’un méga centre de données de l’américain Google. Ce projet annoncé pour 1 milliard de dollars d’investissement est jugé fantasque et parfois même pour certains, risqué à terme pour l’environnement, un gouvernement la tête dans les étoiles qui ne serait parfois pas trop haut perché pour en être éloigné du plancher des vaches ?

Didier Remer : Pour ce qui est de l’initiative SpaceMining, pour rester les pieds sur terre, il vous suffira de comptabiliser le nombre de pays qui rejoignent avec de solides investissements l’initiative portée par le vice-premier ministre socialiste Etienne Schneider en charge de l’économie.  On pensera à la récente signature avec la Chine, quand on connaît les modus operandi de cette supra puissance pour concrétiser un accord, on pensera que SpaceMining n’est pas qu’une simple lubie. Sur Etienne Schneider, il est incontestablement une des véritables chevilles ouvrières de ce bilan gouvernemental « Gambie », le ministre aura passé le plus clair de son temps en missions économiques à l’étranger afin de concrétiser la stratégie du nouveau Luxembourg comme avec sa réflexion pour un nouveau branding à l’international et au passage s’étant doté d’une agence pour communiquer aussi sur les autres valeurs du Duché, si nombreuses ! Mais attention, contrairement à certaines sorties des opposants de l’actuelle majorité, il n’était pas question que de « petits fours et cocktails », le ministre luxembourgeois de l’économie Etienne Schneider est revenu au pays avec de nombreux accords de coopération ou contrats commerciaux viabilisés financièrement pour les entreprises de son pays qui visiblement, ne s’en plaignent pas ! Sur certaines réserves de la population par rapport à la politique de réformes pour l’Economie comme avec « SpaceMining », là aussi la mémoire doit faire son œuvre, quand le Luxembourg s’est lancé dans l’audiovisuel et même les satellites, il y avait aussi parfois des réticences, notamment pour les satellites de SES Global, le groupe est aujourd’hui un des premiers acteurs mondiaux et bien sûr RTL Group, aujourd’hui filiale émérite de l’allemand Bertelsman Group, sociétés qui suffisent à rassurer sur cette formidable capacité de l’innovation luxembourgeoise pour des secteurs clefs de l’électronique. Pour des raisons privées, je connais des personnes liées à Bertelsman en Allemagne, je puis vous assurer que RTL Group s’est assigné des objectifs pour maintenir une rentabilité avec une stratégie opérationnelle des plus efficientes du secteur en pleine mutation au niveau mondial. Notons que la majorité actuelle du gouvernement luxembourgeois s’est elle-même assignée une refonte de son secteur public de l’audiovisuel en partage avec le groupe privé, il est question de donner plus de parole aux luxembourgeois et d’implémenter un volet culturel plus dense avec une aide renforcée à la réalisation et création de programmes de flux plus adaptés aux nombreuses réalités de ce pays. Pour le méga data center du californien Google, le projet est plutôt bien avancé, notons à ce sujet que la chambre de l‘unique parlement de ce pays s’était prononcée de façon plutôt collégiale pour un accord de principe ! C’est dire que les opposants à la majorité actuelle accompagnent aussi la démarche, certes avec de logiques interrogations de bon sens comme pour la question environnementale, mais sur ce point, je crois pouvoir dire que cette dimension est bien prise en compte par la présence effective des verts dans l’actuel gouvernement. Pour le groupe américain Google, outre le respect strict de la question environnementale par ailleurs replacée au centre de sa stratégie globale avec les meilleurs critères internationaux, le géant américain qui n’a pas vocation à faire force d’immixtion dans les affaires politiques intérieures de la gouvernance d’un état, Google annoncera son choix dans le cadre unique de son calendrier de sa stratégie internationale ERBC. Cette montée en charge des besoins comme promise avec le développement de l’IA ou intelligence artificielle démontre qu’alors oui, le Luxembourg serait assurément un bon choix et ce bien que certains luxembourgeois s’inquiètent du peu d’emplois créés si finalisation intégrale du projet. Cette donnée est assez relative, notons que l’actuel premier ministre Xavier Bettel a bien raison de rappeler que pour Amazon les effectifs sont passés de 200 à 2000 employés dans son pays ! Par ailleurs la Commission européenne a bien fait le choix pour l’Union européenne du Luxembourg pour son super ordinateur pour méga centre de données, et pour être complet, SpaceMining est une rampe de lancement intéressante pour la création d’une future agence spatiale luxembourgeoise, un ensemble solide de projets efficients pour la recherche et le développement dans ce pays qui compte de nombreux partenaires. On le voit bien, réduire le Luxembourg à sa place financière, pourtant deuxième au monde pour la gestion des fonds ou véhicules financiers en Hedge fund n’est plus d’actualité même si elle demeure encore une belle réalité également disposée à étendre le champs de ses compétences des fonds comme vers les énergies durables, on le voit, la majorité « Gambie » fait plutôt bien le job pour diversifier et amender l’économie avec des projets structurants qu’elle se verrait bien amplifier avec un maintien aux affaires en Octobre prochain …

Emmanuel de Saint-Cyr : Ce pays est proche du plein emploi, la croissance y est une des plus stables de l’Union européenne, mais semble demeurer un défi important pour l’éducation et la formation. Le pôle universitaire luxembourgeois démontre que le gouvernement de Xavier Bettel place un intérêt majeur pour satisfaire les nombreux besoins comme identifiés pour accompagner l’économie du pays, subsistent des problèmes de résultats dans le secondaire, la majorité actuelle est souvent critiquée par l’opposition sur cet aspect, peut-être une faiblesse ?

Didier Remer: C’est un défi, mais très franchement, la situation est sans commune mesure avec celle de 2013, l’ancienne majorité est clairement en responsabilité sur certains retards ou dysfonctionnements. Le pays s’est doté d’un pôle universitaire renforcé et donc toujours plus performant. Dans le secondaire il y a des impératifs à poursuivre, le pays a tenu compte des indicateurs PISA, également les clusters de formation sont plus nombreux et mieux adaptés aux attentes des entreprises, le pays consacre un budget important pour l’éducation tout en misant assez logiquement sur la recherche et le développement. Là aussi, les premiers effets bénéfiques de cette politique s’inscrivent dans un calendrier souvent  plus long et donc assez logiquement différent de celui des élections. Dans l’ensemble, ce pays n’est plus le même qu’en 2013, d’ailleurs l’opposition est un peu à court d’arguments pour venir porter l’estocade, si bien qu’on va chercher ou inventer des critiques qui ne tiennent pas vraiment toujours la route et ce alors que Xavier Bettel démontre une volonté concertée avec le corps enseignant. Il serait un des plus rémunérés au monde d’après l’OCDE et une récente étude interne de la Commission de Bruxelles, de quoi renforcer quelques exigences gouvernementales pour de meilleurs résultats. Je suis souvent choqué par certaines assertions des opposants à l’actuelle majorité, d’autant plus difficilement acceptable au regard de l’extrême longévité de cette dernière aux affaires et pour le coup, accusant un sérieux déficit de bons résultats en leur temps souvent à l’origine de certaines problématiques actuelles comme justement pour l’éducation.

Emmanuel de Saint-Cyr : Vous pensez à quel type d’assertion ?

Didier Remer: La plus édifiante ne concerne pas l’éducation, je pense à celle sur la soutenabilité de la dette de ce pays qui conserve une notation triple A, je pense donc notamment aux modalités interprétatives sur son calcul par les opposants et conservateurs du pays. Si le Luxembourg se doit accompagner toutes ses réformes, il se doit emprunter en proportion pour investir sur les secteurs stratégiques de son économie en pleine mutation, comprendre de l’existant jusqu’à l’implémentation des besoins logiques à son développement et donc pour partie, renouvellement. J’ai bien envie de prendre l’exemple du modèle de l’entreprise et les fameuses dotations aux amortissements pour que certains leaders de l’opposition se découvrent l’envie d’être plus précis pour certaines de leurs critiques. Ce pays comptera un million d’habitants en 2040, bien sûr, il s’agit d’une hypothèse basse, ainsi, il serait suicidaire qu’un gouvernement n’accompagne pas un tel développement, c’est-à-dire à se reposer sur les générations futures et seulement. Concrètement, il est bien question d’infrastructures qui se doivent dimensionnées en proportion avec cette évolution, la population endogène ne correspondant pour l’instant qu’à un seuil inférieur avec la présence globale sur un territoire en pleine évolution dont une indispensable population étrangère acquise au maintien de la bonne santé de l’activité économique. Essentiellement liée au travail transfrontalier, avoir une politique sous dimensionnée serait rapidement suicidaire et clairement inconscient. Au passage, la croissance du pays invite à la création d’un modèle de fond souverain pertinent, les aléas économiques mondiaux dont nul ne pourra remettre en cause la récurrence procyclique, ils suggèrent une gestion orientée vers les générations futures. Si depuis 2013 le Luxembourg fait montre d’investissements stratégiques croissants toujours plus importants, il s’assure d’un développement en cohérence, notamment orienté en durable. 



Etienne Schneider, Ministre de l'économie et Jeremy Rifkin.
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Emmanuel de Saint-Cyr : Vous êtes donc aussi en accord sur le rapport commandé par l’actuel gouvernement luxembourgeois, rapport Rifkin qui suggère l’économie circulaire pour le pays, mais finalement quels sont les principes de cette troisième révolution industrielle ?

Didier Remer : Je vais être long, j’annonce la couleur, mais je tente avec un mot clef, anticipation. Par exemple mon propos s’intéressera au futur économique pour l’Europe et donc le Luxembourg tous deux liés assez logiquement aux perspectives mondiales, c’est-à-dire en tenant compte des modélisations les plus efficientes et donc récentes sur l’avenir économique de la Zone euro par le FMI, de la commission européenne et nombreuses agences gouvernementales ou supranationales. Elles pointent le rapport de force qui va s’établir inexorablement et donc s’amplifier entre zones en développement comme par exemple non exhaustif, le continent africain dont je vous invite à regarder la réalité qui s’impose. On pensera développement économique, mais pas moins population, flux migratoires potentiels, et donc rythme du développement économique variable et déséquilibré des zones et ce avec le risque environnemental toujours plus prégnant, réchauffement climatique, conséquences avec crises potentielles diverses, énergies, conflits humanitaires... Ces différents aspects soulignent le besoin urgent pour se trouver des principes les mieux adaptés pour notre économie dans le contexte de la mondialisation, ils sont bien ceux de l’économie circulaire ou 3em révolution industrielle. Concrètement, cette économie réorientée vers le circulaire comme présentée par exemple aussi par le rapport collaboratif de Rifkin qui suggère fortement à réduire l’impact de la part des déchets de la production mais cela va de la limitation de la production par rapport à la consommation, à la valorisation de tout ou partie de la production. Ainsi, il nous faut intégrer comme principes de l’économie circulaire quelques indispensables fondamentaux, par exemple plutôt bien compris par chacun, l’écoconception pour minimiser les impacts environnementaux et ce dès l’élaboration d’un produit. L’écologie industrielle avec une organisation fonctionnelle qui optimise l’usage par rapports aux ressources toujours plus limitées, on parle ici matière et énergie et pas moins important, ce besoin de privilégier l’usage à la possession ou plus techniquement, ce que nous autres appelons l’économie de fonctionnalité.


Emmanuel de Saint-Cyr : Finalement le sacre de l’Ubérisation ?

Didier Remer : Absolument pas, c’est un faux ami de l’économie circulaire, j’insiste, il ne faut pas confondre avec l’Ubérisation mise en avant par les détracteurs de l’économie circulaire, l’Ubérisation qui n’intègre pas vraiment les valeurs environnementales et de durabilité car ce modèle est surtout orienté vers un système finalement pyramidal qui de mon point de vue personnel, tente à faire croire qu’il y a deux économies. Une qui serait ancienne voir clairement dépassée, et une nouvelle miraculeuse si j’ose dire ! Or, on le voit bien, avec les premiers effets pervers perçus de ce système, lui aussi peut faire s’effondrer aussi rapidement dès lors que l’ancienne économie se rappelle à certains bons souvenirs arithmétiques, comprendre ici que le capitalisme en mode go fast devient ainsi mirage ! On vous rend artificiellement indépendant, mais finalement vous êtes supra dépendant d’un grand ensemble et donc votre possible échec est logiquement dissocié de la valeur globale de l’entreprise ou activité qui a déjà compris l’intérêt de pouvoir vous remplacer au plus vite. Pour le succès, bien sûr votre motivation vous poussera à une indépendance réelle, c’est-à-dire une bascule vers un modèle différent et donc qui s’imposera à vous pour ne pas être dilué dans la masse de cet ensemble qui de toutes les façons, vous aurait été déjà remplacé avant même votre chute en cas d’échec. Comprendre que le taux d’échec est déjà calculé et intégré pour en être anticipé ! Dans le modèle circulaire de Jeremy Rifkin qui nous intéresse, vous vous rappelez, je commençais mon propos avec le mot clef, anticipation. On pense ainsi au réemploi qui permet de remettre dans le circuit économique les produits ne répondant plus aux besoins du premier consommateur de la boucle. La réutilisation s’imposera dans la chaîne, certains composants d’un produit peuvent être réparés ou démontés et les pièces encore en état de fonctionnement triées puis logiquement revendues. La réparation et donc tous les biens qui en pannes, peuvent retrouver une deuxième vie par ce biais. Le recyclage qui vise à réutiliser les matières premières issues des déchets, en boucle fermée (produits similaires : ndlr) ou en boucle ouverte (utilisation dans d’autres types de biens : ndlr). La sobriété par une incitation intelligente à la réduction de la consommation utile, un modèle pour les pays pauvres en développement, mais une impérieuse nécessité de réorientation pour les plus riches. C’est d’ailleurs l’enseignement à tirer sur la réflexion globale de Jeremy Rifkin et d’autres, l’économiste démontre ainsi le besoin de préparer un pays ou territoires aux réalités politiques différentes comme tant d’autres à la troisième révolution industrielle de l’économie mondialisée, ainsi nommée. Le gouvernement de Xavier Bettel tient avec ce rapport une feuille de route intéressante, Rifkin ne veut pas être considéré comme un gourou, ce que les opposants de la majorité « Gambie » chantent à tout va. Ses modèles observent toutes les conséquences objectives et bien sûr, prioritairement l’économie sur l’environnement. Finalement n’en déplaise, ce capital le plus précieux sur cette terre pour devoir rester disponible durablement tout à chacun y compris au Luxembourg ! Ainsi sont comptabilisées avec le respect de l’environnement, toutes les conséquences, humaines, financières etc... Ne pas tenir compte de cet aspect, c’est une forme d’égoïsme démontré, chacun comprendra que le modèle pro-capitaliste subirait ces mêmes conséquences si elles ne devaient pas être anticipées et donc évitées, il est bien question de durabilité, et donc j’insiste, ce risque de l’impact d’un environnement toujours plus dégradé pour ne pas avoir été préservé. Par analogie, un politicien qui gère le présent en reportant systématiquement les conséquences sur les générations futures est dans une logique qui plus grave qu’égoïste, s’imposerait comme suicidaire et donc potentiellement collective par ses tristes conséquences. Alors bien sûr, les critiques qui pleuvent sur cette initiative d’un tel rapport Rifkin comme pour le Luxembourg, elles sont souvent les mêmes que dans d’autres pays, l’idée étant surtout de poser un cadre de réflexion constructif, il est d’ailleurs fort exemplaire au Luxembourg, tant par son approche par le gouvernement et cette volonté de l’amender d’une participation de toute la population. Alors oui le temps politique est d’un calendrier qui se prétend toujours plus pragmatique, boucler un budget, une réforme…  Mais n’en doutez jamais, la bonne santé de l’économie au Luxembourg comme ailleurs, sera préservée que si et seulement on s’accorde aussi ce temps aussi précieux de la réflexion que peut l’être à devoir anticiper pro activement sur l’avenir de notre environnement.

Emmanuel de Saint-Cyr : Sur le fond, chacun peut comprendre les conséquences avec l’absence de préservation de notre environnement, la météo le fait plutôt bien avec les ouragans, les nombreuses conséquences du réchauffement de la planète. Fallait-il pour autant commanditer une étude jugée relativement coûteuse à Jeremy Rifkin, un économiste par ailleurs américain qui lui-même utilise les ressorts du capitalisme pour vendre sa soupe ? L’opposition de la majorité « Gambie » avait peut-être le droit de considérer cette initiative comme moins urgente que les causes nobles toutes aussi urgentes qu’elle se propose de défendre, on en revient à cette critique de mesure tête de gondole d’un gouvernement « Gambie » ?

Didier REMER : C’est d’abord un débat interne au parlement luxembourgeois, cependant je suis toujours amusé par ces personnes de l’opposition à l'actuelle majorité qui en public font une critique acerbe de cette initiative du rapport Rifkin et qui en privé avec la même puissance, font un parfait déroulé de l’ensemble des mesures de bon sens qu’il suggère pour accompagner l’avenir de ce pays. Je crois sincère ceux qui sont à l’origine de cette initiative, ils le sont par la cohérence que représente le bon bilan de leur travail pour ce pays, notamment et notablement pour son économie. L’idée n’est pas de faire un coup médiatique, il est à mon sens plus à considérer comme un cadre de réflexion ouvert à toutes les bonnes volontés et donc sensibilités politiques de ce pays, le Luxembourg est signataire des accords de Paris sur l’environnement, c’est une réalité votée par son parlement, il se veut à son échelle un vaillant membre contributeur et donc exemplaire, Xavier Bettel et Etienne Schneider sont de ceux qui se sont démontrés comme les plus proactifs de cette initiative internationale boutée par un autre américain que Rifkin, je pense bien sûr à Donald Trump qui d’ailleurs semble-t-il pourrait revenir sur sa décision, je vous laisse deviner par quel économiste et au passage, par quel président de la République, bien sûr la tâche s’annonce des plus âpres. Ici au Luxembourg, le rapport Rifkin est présenté comme tête de gondole, mais il est surtout le fruit d’une réflexion constructive ou l’ensemble des forces vives de ce pays sont venues porter leurs expériences et parfois même inquiétudes, c’est-à-dire au-delà des quelques parlementaires conservateurs qui se sont faits forts de critiques. Pour moi, ce cadre de réflexion est largement plus intéressant et représentatif que la demi travée du parlement qui se cherche désespérément des arguments pour s’enfermer dans une logique purement politicienne, il faudrait peut-être allait voir quels sont les lobbies qui viennent aussi bourrer le crâne de certains parlementaires, et pour quelles bonnes raisons… Le bilan carbone du Luxembourg se mesure aussi, pas moins ses conséquences.



Antoine Deltour, lanceur d'alerte du Luxleaks blanchi au Luxembourg.
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Emmanuel de Saint-Cyr : Alors je résume, selon vous, le Luxembourg dispose d’un bon gouvernement, son bilan est exemplaire, Google doit s’y implanter sans risque pour la population et l’environnement, l’économie viendra conforter l’économiste Rifkin ayant fait un bon rapport, Xavier Bettel peut dormir tranquille et donnera quitus à son ami Emmanuel Macron pour le dumping fiscal, Etienne Schneider a bien les pieds sur terre avec SpaceMining en restant un socialiste en marche qui ne craint pas la fronde qui gronde dans ses rangs, Wiseler est un conservateur moderne à qui on bourre le crâne, et la place financière change de paradigme pour être exemplaire après le procès gagné par le lanceur d’alerte Antoine Deltour de l’affaire Luxleaks, votre optimisme ne frôle-t-il pas une forme de complaisance ?

Didier Remer : Je reconnais votre légendaire perfidie cher Emmanuel, je ne sais pas si le Luxembourg dispose du meilleur gouvernement au monde, mais je m’intéresse davantage à son bilan qu’il nous faut transposer à celui de l’Union européenne qu’il souhaite booster. La croissance du Luxembourg y est soutenue, l’emploi se porte bien pour atteindre un niveau toujours cohérent avec la bonne santé économique du pays dirigé depuis 2013 par l’actuelle majorité. Que Google qui intègre un profond respect des valeurs environnementales s’implante au Luxembourg ne me gêne absolument pas. Dans un futur proche, si amenée à se concrétiser, cette implantation pour 1 milliard de dollars ne gênerait pas moins les futurs employés dont certains bien formés dans l’université transformée à Belval par cette majorité, d’ailleurs cette implantation intéressera tous ceux qui profiteront par ruissellement de l’ensemble des activités économiques connexes pour ce secteur stratégique !  D’ailleurs vous noterez que l’Union européenne et donc la commission Juncker, ancien premier ministre luxembourgeois et leader du CSV en faisant le choix éclairé de ce pays pour son super ordinateur conforte cet aspect avec beaucoup d’anticipation et semble faire force d’intelligence bien réelle ou avec l’actuelle majorité notamment pour celle artificielle ou IA qui intéresse tant Google pour en être aussi la prochaine révolution de ce siècle. N’en doutez pas, l’intelligence artificielle sera également indispensable à l’économie de l’Union européenne bien inspirée par la réelle stratégie de déploiement si indispensable au calendrier de Google, d’ailleurs le géant américain n’a-t-il pas acheté au Luxembourg les terrains utiles pour concrétiser si beau projet dans ce pays dans un futur proche ? Oui, vous avez raison, Xavier Bettel pourra toujours donner un quitus à son ami Emmanuel Macron en rien doux rêveur sur la question de l’imposition des multinationales pour se rappeler son engagement de chef de gouvernement de l’actuel majorité comme pour booster l’Union européenne alors qu’il recevait le président français, et donc aussi pouvoir dormir un peu plus tranquille avec les récentes décisions de l’OCDE ou de la Commission européenne dirigée par Monsieur Jean-Claude Juncker, j’insiste lui-même l’ancien patron des conservateurs représenté par monsieur Claude Wiseler. Juncker n’a-t-il pas fait vœux de voir le Luxembourg avancer sur cette question ?  Un Claude Wiseler qui en bon chef de l’opposition constructive ne manquera pas de souligner dans la campagne la pression qui est faite à son pays par le président de la commission Juncker pour accélérer ses réformes contre ce dumping fiscal si chère à certains bourreurs de crâne et peut être à préférer effectivement se trouver de sérieuses pistes de réflexion pour moderniser l’économie comme avec une lecture plus attentive du rapport Rifkin. Etrangement, ce sont bien les mêmes qui amplifiaient cette idée des rescrits fiscaux en mode industriel dans le pays à l’origine de l’affaire Luxleaks dont la justice souveraine du Luxembourg vient d’apporter une première réponse intéressante au lanceur d’alerte Antoine Deltour, de quoi vous indiquer l’ambiance qui prévaut dans ce pays armé de son nouveau branding et donc agence mise en place par l’actuel majorité pour communiquer à l’international sur ses autres bonnes valeurs. Il faudra peut-être vous intéresser davantage à quel gouvernement et donc quelle est cette époque imputable à la pratique industrielle des rescrits fiscaux, voir quels efforts sont faits depuis par ce gouvernement pour le contrôle de ceux-ci et se préparer à en sortir comme ce ne fût pas fait avec une réelle stratégie qui manqua pour le précédent que représente le secret bancaire ! Vous souvenir peut-être qu’on ne se priva pas de nous rappeler aussi qu’un seul homme au bureau 6 s’y collait et que les big four l’y aidaient avec une complaisance hors norme du gouvernement de l'époque.  Vous allez me dire qu’un ministre de l’économie socialiste d’une époque encore plus lointaine y est aussi pour beaucoup avec un certain rapport à des années lumières de l’économie circulaire comme suggérée par le rapport de Jeremy Rifkin qui propose une autre vision à ce pays. Mais ceci expliquera peut-être aussi une fronde de certains nostalgiques au sein du parti socialiste luxembourgeois qui tire à boulets rouges sur le vice premier ministre Etienne Schneider toujours en marche pour l’avenir de son pays ; d’ailleurs la Chine qui s’est muée comme un état socialiste capitaliste et pragmatique ne vient-elle pas de signer un accord avec le Luxembourg qui a n’en plus douter, les pieds bien sur terre, serait toujours bien fondé à se doter d’une agence spatiale, là aussi dans un futur proche. Très franchement, laissons à nos amis luxembourgeois défendre ce bilan pour ceux qui en auront la charge, respectons l’indispensable besoin d’un exercice de la démocratie qui se doit exemplaire, le bon peuple du Luxembourg tranchera, avec bonheur ou pas, mais en octobre n’en doutez pas, il tranchera…



LUXEMBOURG:  «Let's make it happen»




Laurent Witz signe un clip pour le Nation Branding. (Droits réservés.)
















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